Cet ancien avocat d’affaires a créé en 2002 Rentabiliweb, une regle publicitaire en ligne.
Bernard Arnault et Stéphane Courbit sont entrés dans son capital :
IL ESPÈRE RACHETER HI-MEDIA.
Il dit: « Mis à part la coiffure, je suis plutôt psychorigide comme mec. » Interpelle les journalistes : « Vous réécrivez, pas vrai ? » Dans les salons feutrés de la finance, Jean-Baptiste Descroix-Vernier est un ovni.
Dreadlocks tombantes sur les épaules, lunettes ombragées, le trentenaire, qui vit sur une péniche à Amsterdam, a le tutoiement obligatoire. L’allure et le ton du patron de Rentabiliweb, la société Internet qu’il a créée en 2002, tranche avec son tour de table: Bernard Arnault, patron de LVMH, et Stéphane Courbit, ancien propriétaire d’Endemol, possèdent 6,3% et 10,4% du capital.
Parmi ses administrateurs : Jean-Marie Messier et – dernier venu – Alain Madelin. Ces rencontres, l’ancien avocat d’affaires les doit à sa passion pour le jeu vidéo. Elles lui ont fait croiser la route de Bruno BonneIl, ex-patron d’Infogrames, à Los Angeles en 2004. « Il m’a dit qu’il fallait absolument que je rencontre Messier. Ce que j’ai fait au sommet du Rockfeller Center à New York. » Messier l’aide à monter un rendez-vous avec le conseiller d’Arnault, Nicolas Bazire. « J’étais en kilt ! », explique celui qui n’hésite pas à mentionner ses origines modestes : « J ‘ai grandi dans la banlieue lyonnaise où j’étais le seul Blanc. Je suis parti de rien. »
Monétisation d’audience
À 37 ans, l’introduction en Bourse de Rentabiliweb le fait millionnaire. Il en est toujours majoritaire avec 57% du capital. Rentabiliweb propose aux sites Internet de « monétiser» leur audience : la société est une régie publicitaire en ligne, éditrice de sites de contenus et propose un système de micropaiement.
Cette année, elle vise un chiffre d’affaires de 60 millions d’euros et un résultat de 7 millions. Jean-Baptiste Descroix-Vernier souhaite racheter son concurrent, Hi-Media, créé en 1996 par Cyril Zimmermann. Cet autre trentenaire, dont le style est aux antipodes de son prédateur, aurait peu apprécié. Il a répondu par une fin de non-recevoir. « Nous avons mandaté une banque pour étudier la proposition. Le conseil d’administration et les deux actionnaires de référence ont dit non », assure l’intéressé.
Jean-Baptiste Descroix-Vernier s’est donné jusqu’à fin janvier pour voir la situation évoluer, sans envisager d’OPA hostile. Le capital d’Hi-Media est très dilué. Cyril Zimmermann possède 1,9% des parts, le premier actionnaire 6,78%. A l’entendeur, Jean-Baptiste Descroix-Vernier rétorque: « Je ne joue pas aux dames, mais aux échecs. ».
Sandrine Cassini