
La première cotation à Bruxelles de Rentabiliweb aura lieu mercredi. Au capital de l’entreprise Internet, on retrouve le groupe Arnault, Jean-Marie Messier ou encore Stéphane Courbit (ex-Endemol). Et comme administrateur indépendant, Alain Madelin, ancien ministre de l’Economie et des Finances sous Chirac.
Bruxelles (L’Echo) – C’est demain/mercredi qu’aura lieu la première cotation sur Alternext Bruxelles de Rentabiliweb, une société de droit belge déjà cotée depuis fin 2006 à la Bourse de Paris. L’activité principale de la société est la monétisation d’audience. Derrière ce concept se cachent toutes les possibilités qui s’offrent à un site Internet, qui a déjà de la valeur ajoutée, pour améliorer sa rentabilité.
Le fondateur de Rentabiliweb, Jean-Baptiste Descroix-Vernier, détient 57,3% du capital via sa société St Georges Finances. Les cadres et les salariés possèdent ensemble 16,3% des parts, juste devant le groupe Arnault qui en possède 6,3%, cela depuis l’introduction en Bourse. Dernier arrivé au capital, Stéphane Courbit (ex-patron d’Endemol France), qui détient 10,3% via sa holding Financière LOV. Au rang des actionnaires, on retrouve également Jean-Marie Messier, administrateur indépendant aux côtés de Gilles Lioret et d’Alain Madelin, ancien Ministre de l’économie et des finances de Jacques Chirac.
Retour sur le concept
En quelques mots, la monétisation d’audience, métier historique de l’entreprise, peut se faire via trois canaux.
D’abord, la plate-forme de paiement. « Rentabiliweb est en mesure de fournir 14 systèmes de paiement différents (Visa, cartes prépayées, etc.) afin de régler des services sur Internet» , explique Thibault Faurès Fustel de Coulanges, directeur général du groupe. Il pourrait par exemple s’agir d’un média sur Internet qui voudrait faire payer ses archives à l’utilisateur.
Ensuite, Rentabiliweb fait de la régie publicitaire, en trouvant des annonceurs à placer sur un site Internet. Il s’agit ici de bannières publicitaires, pop-up, etc.
Dernier moyen : le marketing direct. Les internautes s’inscrivent sur un site, mailorama.fr, pour vendre leur profil à Rentabiliweb et acceptent de fait de recevoir des newsletters et offres promotionnelles. En échange, ils sont payés cash. A ce système s’ajoute le « cash back» : l’internaute qui achète un produit sur Internet via les services de Rentabiliweb se voit rembourser d’une partie du montant de son achat.
Mais il y a deux ans et demi, un développement stratégique s’opère au sein de la société. Rentabiliweb devient « éditeur» de contenu. « Nous avons décidé de produire nos propres contenus, tout en nous servant des techniques de monétisation d’audiences que nous avons élaborées» . Ce qui génère dès lors une marge brute plus importante. Trois types de sites ont donc été créés : le jeu familial, le dating et les sites de communautés (par exemple handicap-information.com).
Aujourd’hui, le chiffre d’affaires est généré à 43% par le BtoB (monétiseur d’audience) et à 57% par le BtoC (éditeur de contenu).
Un public important sacrifié au nom de l’éthique
Fin 2007, Rentabiliweb rachète Montorgueil, une société qui possède dans son portefeuille plusieurs sites pudiquement appelés « pour adultes» . A l’époque, l’entreprise de Jean-Baptiste Descroix-Verniers est donc rapidement considérée, notamment par ses concurrents, comme une activité « à caractère pornographique» .
Mais après une réunion du comité d’éthique, une liste des sites que l’entreprise « n’était pas prête à assumer» a été établie. Les sites à caractère pornographique ont donc été vendus, 4 mois après avoir été achetés, quitte à ce que Rentabiliweb perde une bonne partie de son public d’internautes. « De 47 millions de visiteurs quand nous possédions les sites pour adultes, nous sommes passés à 35 millions aujourd’hui« , explique Thibault Faurès Fustel de Coulanges.
Chiffres clés
Rentabiliweb présente un bilan sain : 33 millions de fonds propres et 11 millions de trésorerie au 30 juin 2008. Aucune dette.
Quant aux résultats, l’entreprise Internet prévoit un chiffre d’affaires pour l’exercice 2008 de 60 millions d’euros, avec un résultat net de 7 millions.